dimanche 11 juillet 2010

Michael John LaChiusa

Michael John LaChiusa est un compositeur américain, né dans la banlieue de New York en 1962.

Il est l'auteur de plusieurs musicals que la critique anglo-saxonne qualifie de "challenging" terme qu'on pourrait traduire par "exigeants".

Exigeants car la partition ne comporte aucun numéro facile, aisément fredonnable.
Parce que la composition générale des pièces s'apparente au post-modernisme et flirte avec la musique "sérieuse" contemporaine, avec ses côtés hiératiques et dérangeants.
Parce que les livrets sont des adaptations d'oeuvres littéraires peu réputées pour leur facilité.

LaChiusa ne cherche pas la popularité et prétend même que ses créations ne sont faites que pour trois ou quatre représentations par semaine maximum à cause de leur difficulté...

Un premier extrait : "Hello Again", une adaptation de "La Ronde" d'Arthur Schnitzler.



"The Wild Party", inspirée par la suite poétique de Joseph Moncure March :



D'après la pièce de Federico Garcia Lorca, "Bernarda Alba" :



Enfin, cette étonnante composition, "First Lady Suite" : quatre veuves de Présidents des Etats Unis que l'on suit pendant les heures (voire la première journée) qui suivent la disparition de leur mari !

vendredi 9 juillet 2010

My Avatar and Me

Ce film danois (Min Avatar og Mig) de 2010, écrit et réalisé par Bent Milton et Mikkel Stolt est un véritable mode d'emploi de "Second Life".

L'histoire romanesque et romantique nous entraine à la suite de Rob (Rob Denton) qui délaisse sa compagne pour explorer le monde virtuel de Second Life où dans un premier temps, il semble trouver l'épanouissement.
Il y fait connaissance de la belle Helena (Helena Kirkorian)qui l'initie aux arcanes de cet univers factice.
Bien sûr, il en tombe amoureux et devient accro au jeu pour pouvoir retrouver sa belle.
Devenu milliardaire, tout semble lui sourire. Mais un jour, il surprend l'intimité de sa princesse avec un jeune irlandais qu'il croyait son ami...
Rendu glacial et implacable par ce qu'il croit être une trahison, il n'aura de cesse de ruiner son amour qui finit par disparaitre du jeu.
Affolé, il prend contact avec celui qu'il imagine son rival, dans Second Life comme dans la vraie vie.
Mike va l'aider à chercher Helena jusque dans le monde réel.
En vain. Le Monde qu'ils avaient bâti tous les trois dans le virtuel s'écroule à grande vitesse.
Rob finira, exsangue, par revenir à sa femme pour tenter de reconstruire sa vie non sans avoir lié une solide amitié avec le jeune irlandais.



Je ne suis pas un fan de ces univers artificiels en ligne, mais je dois admettre que ce film, à la limite du documentaire, est particulièrement bien troussé, informatif et prenant.
Les acteurs sont épatants et la réalisation, astucieuse et soignée, nous entraine, presque malgré nous, dans ce monde imaginaire qui devient pourtant terriblement réel...

mercredi 7 juillet 2010

Matthias Vriens-McGrath


Matthias Vriens-McGrath est un photographe néerlandais, né en 1965 à Amsterdam.

Connu pour ses photos de mode, il a été directeur de publication du magazine "Dutch" avant de devenir international creative director de Giorgio Armani.
Installé à Los Angeles, ouvertement gay et militant pour les droits de la communauté, il photographie aussi bien les modèles féminins que masculins avec une propantion à déshabiller davantage ces derniers... Ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre !



mardi 6 juillet 2010

Prague

On connait bien Rika Zaraï, chanteuse israélienne et ancien sergent chef de Tsahal.

Quand on se moque d'elle et de ses remèdes de bonne femme à base de bains de siège, on oublie un peu vite qu'elle fut victime en 1969 d'un terrible accident de la route.
Après 6 jours de coma et 8 mois d'immobilisation, en dépit d'avis médicaux plus que réservés, elle a totalement récupéré après 3 ans, grâce, entre autre, aux médecines dites "parallèles".

Son répertoire parfois facile et bon enfant, toujours entrainant après cet épisode dramatique de sa vie, occulte souvent quelques chansons dont n'importe quel auteur "sérieux" serait légitimement fier.

Je me souviens, en 1989, pendant la Révolution de Velours, l'avoir entendu chanter à la télé, en direct et en duplex avec la capitale tchèque qui célébrait la liberté et l'accession à la Présidence de Vaclav Havel, ce petit bijou, créé en 1966 :

Paroles de Jacques Plante, sur une musique de Rika Zaraï : Prague

dimanche 4 juillet 2010

Teatro Malandro

Cette compagnie a été fondée en 1990 par le comédien et metteur en scène helvético-colombien Omar Porras (né à Bogota en 1963).

Basée en Genève, la troupe propose ses versions de classiques du théâtre en se référant aux traditions scéniques d'extrème orient avec ses ballets, ses masques et ses mouvements corporels particuliers (pantomime, ombres chinoises, etc).

Quelques extraits pour votre éducation...

"Maître Puntila et son valet Matti" de Bertold Brecht :



"Les Bacchantes" d'Euripide :



"Ay! Quixote" d'après Cervantes :

samedi 3 juillet 2010

Sua Tremendita Marcello I

Prince de Seborga !
Comment, vous ne connaissez pas Seborga et son souverain ?

Seborga est une principauté de 4 kilomètres carrés, près de Ventimiglia (Vintimille en français) dans la province de Genoa, sur la côte ligure.

Cédée en 954 par le Comte de Ventimiglia à l'Abbaye de Leyrins, le petit territoire va maintenir une certaine autonomie pendant un siècle.
En 1079, l'Abbé de Leyrins est fait Prince du Saint Empire Romain Germanique avec autorité temporelle sur la principauté.

C'est en 1769 que le pays est vendu à Victor Amédée II de Savoie, roi de Piémont Sardaigne.
Or, l'acquéreur omet de faire enregistrer le cession de propriété.

Seborga tombe ainsi dans une "twilight zone" légale : la vente du pays n'ést pas reconnue légalement, mais ne bénéficie plus d'une réelle autonomie.
De ce fait, en 1815, Seborga est absente des traités de Vienne qui redécoupent l'Europe post-napoléonienne.
De même, le mouvement d'unification de l'Italie dans les années 1860, ne mentionne nulle part le rattachement de la bourgade au nouveau royaume.

C'est sur ces bases qu'en 1960, le fleuriste du village, Giorgio Carbone, lance le mouvement d'émancipation du territoire.

La population le suit, et en 1963 l'élit Prince de Seborga.

En 1995, un referendum enfonce le clou : par 304 voix contre 4, l'indépendance est confirmée et une constitution adoptée.

L'administration de Giorgio I émet timbres, monnaie et passeports.

Mais les villageois continuent de voter aux élections nationales et régionales italiennes.
En 2009, Giorgio meurt.
Une nouvelle élection porte sur le trône Marcello Menegatto, qui règne à ce jour sous le nom de Marcello I.


Parmi tous les mini-territoires qui revendiquent une souveraineté de par le monde, Seborga semble être le seul à bénéficier d'un base légale légitime, quand bien même cette indépendance relèverait plus du folklore que de la libération d'un peuple...

jeudi 1 juillet 2010

Joseph Boulogne, Chevalier de Saint Georges


Escrimeur et compositeur français, né au Baillif (Guadeloupe) en 1747 et mort à Paris en 1799, Joseph Boulogne serait le fils naturel d'une esclave noire, Nanon et de son maître, un riche colon, Georges de Boulogne Saint Georges.

Ce dernier, après un duel tragique, fuit la Guadeloupe en 1749 pour Bordeaux.
Son frère ayant obtenu sa grâce du roi, il peut rentrer dans ses terres non sans avoir assuré l'éducation et le placement du jeune Joseph auprès de tuteurs dévoués.

L'habileté du jeune homme au métier des armes lui permet de devenir gendarme de la Garde du Roy et y atteindre la position de chevalier (gendarme à cheval).
Il prend alors le patronyme de Joseph Boulogne, Chevalier de Saint Georges, plus couramment il sera connu sous le nom de Saint Georges.

Parallèlement, il provoque l'admiration de la bonne société par son physique avantageux ainsi que pour ses talents de danseur et de patineur sur les rivières gelées.
De plus, il se révèle un excellent violoniste et un compositeur doué que certains apparentent aujourd'hui à Mozart.

Quand la Révolution éclate, il combat avec les républicains pour défendre les droits de ses frères de couleur.
Il meurt à Paris à 54 ans, et reçoit les hommages qu'il mérite de l'élite de la nation.

Ce n'est qu'au cours du stupide XIXème siècle que son souvenir s'estompe et qu'il disparait des mémoires.
Redécouvert aujourd'hui, il semble bien naturel de célébrer ce génie trop méconnu :

Extrait du premier mouvement de son Concerto en D majeur :