samedi 16 novembre 2019

A contre-rimes avec Paul-Jean Toulet


Né à Pau le 5 juin 1867, Paul-Jean Toulet est un poète et écrivain français.

Il perd sa mère à sa naissance et est confié à son oncle qui vit dans la Vallée d'Ossau.
En 1885, il part rejoindre son père à l'île Maurice puis s'installe à Alger où il publie ses premiers articles.
Débarqué à Paris en 1898, il devient le nègre de l'écrivain Willy et est le colocataire du gastronome et critique Curnonsky dont il partage les excès.

Il participe à de nombreuses revues et publie un premier roman.
Quittant la capitale en 1912, il s'installe chez sa soeur à Saint-Loubès puis à Guéthary où il se marie.

Sa vie est désormais obérée par la maladie qui l'emporte finalement le 6 septembre 1920.

Son oeuvre est passée au second plan quand on évoque cette période.
Mais sa poésie est remise en valeur aujourd'hui par divers artistes.
Entre autre son recueil "Contrerimes", genre qu'il a créé.

En voici quelques exemples
I

Avril, dont l’odeur nous augure
Le renaissant plaisir,
Tu découvres de mon désir
La secrète figure.

Ah, verse le myrte à Myrtil,
L’iris à Desdémone :
Pour moi d’une rose anémone
S’ouvre le noir pistil.

IV

Ces roses pour moi destinées
Par le choix de sa main,
Aux premiers feux du lendemain,
Elles étaient fanées.

Avec les heures, un à un,
Dans la vasque de cuivre,
Leur calice tinte et délivre
Une âme à leur parfum

Liée, entre tant, ô Ménesse,
Qu’à travers vos ébats,
J’écoute résonner tout bas
Le glas de ma jeunesse.

XII

L’hiver bat la vitre et le toit.
Il fait bon dans la chambre,
A part cette sale odeur d’ambre
Et de plaisir. Mais toi,

Les roses naissent sur ta face
Quand tu ris près du feu…
ce soir tu me diras adieu,
Ombre, que l’ombre efface.

XIX

Circé des bois et d’un rivage
Qu’il me semblait revoir,
Dont je me rappelle d’avoir
Bu l’ombre et le breuvage ;

Les tambours du Morne Maudit
Battant sous les étoiles
Et la flamme où pendaient nos toiles
D’un éternel midi ;

Rêves d’enfant, voix de la neige,
Et vous, murs où la nuit
Tournait avec mon jeune ennui…
Collège, noir manège.

XXX

Quand nous fûmes hors des chemins
Où la poussière est rose,
Aline, qui riait sans cause
En me touchant les mains ; —

L’Écho du bois riait. La terre
Sonna creux au talon.
Aline se tut : le vallon
Était plein de mystère…

Mais toi, sans lymphe ni sommeil,
Cigale en haut posée,
Tu jetais, ivre de rosée,
Ton cri triste et vermeil.

XLIII

Ainsi, ce chemin de nuage,
Vous ne le prendrez point,
D’où j’ai vu me sourire au loin
Votre brillant mirage ?

Le soir d’or sur les étangs bleus
D’une étrange savane,
Où pleut la fleur de frangipane,
N’éblouira vos yeux ;

Ni les feux de la luciole
Dans cette épaisse nuit
Que tout à coup perce l’ennui
D’un tigre qui miaule.

XLVI

Douce plage où naquit mon âme ;
Et toi, savane en fleurs
Que l’Océan trempe de pleurs
Et le soleil de flamme ;

Douce aux ramiers, douce aux amants,
Toi de qui la ramure
Nous charmait d’ombre et de murmure,
Et de roucoulements ;

Où j’écoute frémir encore
Un aveu tendre et fier —
Tandis qu’au loin riait la mer
Sur le corail sonore.

LIV

Tout ainsi que ces pommes
De pourpre et d’or
Qui mûrissent aux bords
Où fut Sodome ;

Comme ces fruits encore
Que Tantalus,
Dans les sombres palus,
Crache, et dévore ;

Mon cœur, si doux à prendre
Entre tes mains,
Ouvre−le, ce n’est rien
Qu’un peu de cendre.

LXVI

Sur l’océan couleur de fer
Pleurait un chœur immense
Et ces longs cris dont la démence
Semble percer l’enfer.

Et puis la mort, et le silence
Montant comme un mur noir.
… Parfois au loin se laissait voir
Un feu qui se balance.

LXX

La vie est plus vaine une image
Que l’ombre sur le mur.
Pourtant l’hiéroglyphe obscur
Qu’y trace ton passage

M’enchante, et ton rire pareil
Au vif éclat des armes ;
Et jusqu’à ces menteuses larmes
Qui miraient le soleil.

Mourir non plus n’est ombre vaine.
La nuit, quand tu as peur,
N’écoute pas battre ton cœur :
C’est une étrange peine.

jeudi 14 novembre 2019

Et Agrippine s'anima...


Agrippine, cette ado fausse rebelle, obsédée par le besoin de séduire, d'être comme les autres, c'est à dire révoltée et anti-conformiste a vu le jour en 1988 sous le crayon de Claire Bretécher.


Elle vivra ses aventures pendant 8 albums, jusqu'en 2009.
Et sera traduite en anglais, en allemand, en italien, en espagnol et en suédois.

Quelques planches de cette bédé qui illustre l'esprit caustique de Claire qui poursuit sa critique sociale de la bourgeoisie bohème, bien pensante, née en pleine période hippie et qui vieillit mal, de façon sclérosée et élève ses enfants dans la superficialité.





En 2001, la chaîne Canal + s'associe à La Sept-Arte et Ellipse pour produire une série animée qui reprend le personnage d' Agrippine sur 26 épisodes de 25 minutes.

Episode 1 - Mezzanine


Episode 5 - Aliénation


Episode 10 - Amuur


lundi 11 novembre 2019

L' icone Françoise


Françoise Hardy est mon idole depuis 57 ans.
Depuis "Tous les garçons et les filles" en 1962.

Je ne suis pas le seul a entretenir une telle admiration.


Bill Pritchard est un auteur-compositeur-instrumentiste-arrangeur-producteur et interprète britannique.
Il est né le 20 mars 1964 à Lichfield.

Et c'est un admirateur de la Dame.
Il lui a dédié une chanson.

Une Parisienne


Une autre artiste est fan de notre idole nationale.


Sharleen Spiteri, auteure-compositrice-musicienne-interprète écossaise, née le 7 novembre 1967 à Glasgow.
Elle est la chanteuse du groupe Texas.

Elle a écrit et composé une chanson qui s'intitule simplement

Françoise


samedi 9 novembre 2019

Sport insolite : 9 - le Kabaddi


Le kabaddi trouve son origine dans l'état indien du Tamil Nadu et est aujourd'hui très populaire dans toute l'Asie du Sud Est ainsi que le Japon, la Corée du Sud et l'Iran

La Kabaddi Federation of India est créée en 1950 et codifie ce jeu traditionnel.
Transformée en 1973 en Amateur Kabaddi Federation of India, cette instance a modifié les règles et peut encore le faire.

Une Coupe du Monde a été organisée en 2004, 2007 et 2016.
Le jeu est également au programme des Jeux Asiatiques depuis 1990.
Toutes ces compétitions ont été remportées par l'Inde.


Un match de kabaddi oppose deux équipes de 12 joueurs, 7 sur le terrain et 5 remplaçants et se dispute en 2 mi-temps de 20 minutes (15 chez les femmes)
.
Tour à tour, chaque équipe envoie un raider à l'attaque pendant 30 secondes avec pour mission de toucher le maximum de joueurs adverses.
Ces derniers font barrage en se tenant par la main ou le bras et doivent empêcher le raider de les toucher mais aussi de retourner dans son camp.
Un raider immobilisé est "out" et rapporte un point aux défenseurs.
S'il revient dans son camp il marque autant de points qu'il a touché d'adversaires.
Rentrer dans son camp s'entend au sens large : il suffit de poser la main dans sa partie de terrain.
Un raider immobilisé à la lisière de la séparation centrale peut mettre ainsi "out" tous ceux qui l'ont plaqué.
Toucher un défenseur entre les deux lignes de fond et revenir dans son camp rapporte un point bonus.
A la fin du temps réglementaire, on fait le total des points et celui qui a marqué le plus l'emporte.

Ca se passe comme ça :


jeudi 7 novembre 2019

Rubber, ou l' Odyssée criminelle d'un pneu

Oui, vous avez bien lu : d"un pneu !


Film inclassable, au scénario surréaliste, Rubber a été présenté au Festival de Cannes le 15 mai 2010 et sort en salles en France le 10 novembre de la même année.

Il a été réalisé par Quentin Dupieux, également auteur du scénario, des dialogues et du montage.
Il a signé aussi la musique avec Gaspard Augé.

L'histoire ?

Un pneu, doué d'une vie propre, séduit par une jeune conductrice, va la suivre et tuer tout être (humain ou animal) qui se mettra en travers de sa quête.
Ce road-movie déjanté se déroule comme un show en pleine nature désertique. 
Des spectateurs suivent à la jumelle le parcours meurtrier du pneu, sous la surveillance d'acteurs qui ne veulent qu'une chose : rentrer chez eux !

Tourné en anglais, le film ne dure que 82 minutes.
La distribution, peu connue, contribue à l'impression qu'on est devant un documentaire.

Bref, une production démente, à l'image du cinéma de Dupieux, sur lequel je reviendrai, mais fort réjouissante et admirablement filmée.



lundi 4 novembre 2019

Divas divines : 22 - Ejigayehu GiGi Shibabaw


Ejigayehu Shibabaw, plus connue sous le surnom de Gigi, est née le 21 octobre 1974 à Chagni, dans le nord-ouest de l'Ethiopie.

C'est grâce à un prêtre de l'Eglise orthodoxe qu'enfant elle apprend à chanter.

Après deux ans passés au Kenya, elle s'exile à San Francisco en 1998.
Là elle enregistre deux albums de musique traditionnelle pour la communauté éthiopienne.

Elle est remarquée par Bill Laswell, un bassiste qui devient son manager puis son mari en 2002.
Il la présente à divers musicien comme Herbie Hancock et Wayne Shorter.

Le style de sa musique évolue et se tourne vers une fusion entre rythmes du monde, pop et musique électronique.
Controversée au début dans son pays, sa musique devient vite, avec la reconnaissance internationale,  la fierté de l'Ethiopie.

Aba Alem Lemine


Ethiopia



Abay (Blue Nile)



samedi 2 novembre 2019

Wang Qingsong, l'art de la photo géante


Wang Qingsong est un photographe chinois, né en 1966 à Daqing qui s'est intéressé à la peinture avant de troquer le pinceau pour l'appareil photo.

Porté par l'expansion économique de la Chine, il propose des compositions réalisées dans des décors immenses, très détaillées et colorées.

Wang vit et travaille à Pekin, bien que son travail soit perçu internationalement comme critique envers l'évolution de son pays.