dimanche 10 décembre 2017

Remo Forlani, plume à tout faire


Remo Forlani est un écrivain, dramaturge, critique de cinéma et télévision, homme de radio, scénariste et réalisateur français, né et mort à Paris (12 février 1927 - 25 octobre 2009).

Je l'ai connu chroniqueur sur RTL où il officiait comme critique de télévision.
J'adorais son ton caustique et acerbe et sa façon inimitable de dézinguer les programmes de la veille.

J'ai plus tard appris qu'il était aussi romancier.
Il écrivit une trentaine d'ouvrages dont une bonne partie consacrée aux chats, sa passion.

Il signa également 7 pièces de théâtre dont "Madame" qui permit à Barbara de faire sa première apparition dramatique.
En voici un extrait où on retrouve la chanteuse en compagnie du comédien Claude Titre :


Remo Forlani fut aussi l'auteur du livret de l'opéra "Lundi, Monsieur, vous serez riche", mis en musique par Antoine Duhamel :


Scénariste de la première adaptation des aventures de Tintin au cinéma, il conçut, sous la supervision de Hergé, "Tintin et le mystère de la Toison d'Or" en 1961, réalisé par Jean-Jacques Vierne.


En 1957, Chris Marker avait co-réalisé avec Alain Resnais un autre de ses scénarios, "Le mystère de l'atelier 15"


Il produit en 1973 le scénario du film de Jean-Claude Brialy, "Les volets clos" et en écrit le texte de la chanson du générique, interprétée par Nicoletta


Il passe l'année suivante à la réalisation en mettant en scène son synopsis, "Juliette et Juliette" avec Annie Girardot et Marlène Jobert.


Mais ses histoires ne finissent pas toutes sur grand écran.
Forlani propose au journal Pilote en 1966, avec des dessins de Georges Lacroix, l'histoire dejantée du Caracacouac :




Touche à tout plus ou moins brillant, Remo Forlani était surtout connu pour son humour et sa capacité d'autodérision.
Un exemple dans cet extrait d'interview télévisée menée par Pierre Tchernia :


vendredi 8 décembre 2017

Scott Listfield, "I am a poor lonesome astronaut"


Scott Listfield est né en 1976 à Boston.
Après avoir étudié l'art à l'université de Dartmouth, il rentre aux USA en 2000.

Depuis il propose des peintures dans un style hyperréaliste où il fait évoluer dans des paysages désertiques des dinosaures ou un astronaute solitaire.

C'est sur cette série que je veux attirer votre attention.

On se retrouve plongé dans un monde futur et familier, dépourvu de toute population, hormis un étrange astronaute qui parcourt une planète déserte.

Fantasme ou prémonition ? A vous de voir :
















mardi 5 décembre 2017

Le Roi Carotte, opérette potagère

Affiche originale de Henri Meyer
Au lendemain de la débacle de la guerre de 1870, la population parisienne a besoin de se détendre et de retrouver le goût de rire.

Le célèbre compositeur Jacques Offenbach s'allie au librettiste et dramaturge Victorien Sardou pour adapter un conte fantastique de l'allemand Ernst Hoffmann, paru en 1819.

D'abord proposée sous forme d'un opéra-bouffe, l'adaptation connut une modification en quatre actes mais le point commun restait une multiplication de tableaux différents, ce qui rendait la production particulièrement onéreuse.
Malgré tout, son succès dépassa les frontières et la pièce fut jouée à Londres, New-York et Vienne après Paris en 1872.
Mais le coût exorbitant du spectacle provoquant sa mise au placard dès 1877.

L'argument est très spécial :
Qu’arriverait-il si un légume accédait à la tête de l'Etat ? Un légume, certes vitaminé, mais aussi brutal, stupide et belliqueux ? Tout ensemble carotte et bâton, ce roi est autant une délirante fantaisie qu’un pied de nez à tous les potentats.

En résumé :
Fridolin, prince héritier frivole et criblé de dettes, s’apprête à épouser Cunégonde pour sa dot. Il se trouve alors chassé du pouvoir par un potager transformé en cour royale par la grâce de la sorcière Coloquinte. Celle-ci fait d’une carotte un roi, le Roi Carotte, que tous voient comme un prince charmant alors qu'il n'est qu'un imbécile. De péripéties en catastrophes, le Roi Carotte redevient légume tandis que Fridolin fait son grand retour, acclamé par le peuple, avant de s'unir à la la douce Rosée du Soir.

L'Opéra de Lyon a eu la brillante idée de sortir cette oeuvre de l'oubli, en la recréant, pour la première fois depuis 1877 pour les fêtes de Noël 2015.
Une mise en scène modernisée et inspirée par le burlesque cinématographique en a assuré le succès.




dimanche 3 décembre 2017

Meurtres au Paradis ou Caraïbe Yard

Nos amis britanniques font montre d'un certain savoir faire depuis longtemps quand il s'agit de concevoir, produire et réaliser des séries policières un peu originales.


Meurtres au Paradis - Death in Paradise en vo - ne déroge pas à la règle.

L'idée a été inspirée à Robert Thorogood par un fait divers advenu en 2007 à la Jamaïque lors de la Coupe du Monde de cricket - l'entraîneur de l'équipe du Pakistan a été retrouvé mort de façon étrange laissant penser à un homicide; l'homme étant britannique, Scotland Yard dépêcha un enquêteur sur place qui conclut à une mort naturelle.

La série est diffusée pour la première fois sur BBC One le 25 octobre 2011.
En France c'est France 2 qui la propose en inédit à partir de juillet 2013, puis les saisons sont reprises régulièrement sur France Ô.

Elle a été tournée en Guadeloupe, dans la bourgade de Deshaies et compte à ce jour 7 saisons complètes de 8 épisodes de 52 minutes chacune.
Une huitième saison est annoncée pour 2018.

La petite île des Antilles de Sainte-Marie, dominion franco-britannique, est confrontée à des affaires criminelles plus complexes qu'il n'y parait.
L'équipe d'enquêteurs de la gendarmerie locale, dirigée par le Commandant Selwyn Patterson (Don Warrington) se doit de les démêler et procéder à l'arrestation des coupables.
Dans le premier épisode, l'inspecteur-chef Richard Poole (Ben Miller), un londonien bon teint, tatillon et réfractaire à la vie sous les tropiques, est envoyé pour enquêter sur l'assassinat de son prédécesseur.
Grâce à l'aide du sergent Camille Bordey (Sara Martins) et des agents Fidel Best (Gary Carr) et Dwayne Myers (Danny John-Jules), il mène à bien la mission et petit à petit se résout à poursuivre sa carrière sur l'île.

Pour des questions de distribution, les membres de l'équipe changent :
A partir de la saison 3, Richard Poole cède la place à l'inspecteur-chef Humphrey Goodman (Kris Marshall), distrait et maladroit mais prenant franchement goût à son nouveau lieu de vie et surtout capable de fulgurances géniales pour résoudre les enquêtes.
La saisons suivante voit le départ de Camille puis de Fidel, remplacés par Florence Cassel (Joséphine Jobert) et J.P.Hooper (Tobi Bakare).
Avec la fin de la saison 6, nouveau changement de détective et apparition de Jack Mooney (Arlan O'Hanlon) pour diriger l'équipe.
Deux autres personnages agrémentent les épisodes : Catherine Bordey (Elizabeth Bourgine), la mère de Camille, gérante d'un café-restaurant et Harry, un lézard vert qui squatte la maison de l'inspecteur-chef et devient progressivement un animal de compagnie.

Les énigmes sont très classiques bien que souvent tortueuses et alambiquées : tous les témoins sont des suspects potentiels et à la fin, l'inspecteur-chef réunit tout le monde pour dévoiler les tenants et aboutissants de l'affaire.
La trame policière des épisodes tient beaucoup à Hercule Poirot, Jessica Fletcher ou Adrian Monk.

C'est le décalage entre les différents inspecteurs anglais et le quotidien des Antilles, la différence entre les mentalités et les références des protagonistes, superbement soulignés par un humour très british qui fait le sel principal de la série.

On se dépayse pendant une petite heure, en tentant de résoudre une intrigue policière, avec le sourire.
Ca ne se manque pas !

Bande annonce française


Bande annonce en version originale


Extrait de la saison 3



vendredi 1 décembre 2017

Liberland, micronation libertaire


La guerre de désintégration de la Yougoslavie a donné lieu à une situation ubuesque.

Le long de la frontière entre la Croatie et la Serbie on ne compte pas moins de 8 enclaves, plus ou moins grandes, disputées et revendiquées par les deux Etats.

Mais une, localement connue sous le nom de Gomja Siga, large de 7 kilomètres carrés, n'est réclamée par aucun des deux !


C'est ainsi que le 13 avril 2015, un citoyen tchèque, militant d'un parti libertaire, proclame l'indépendance de ce petit territoire et le baptise Liberland.

Vít Jedlička - c'est son nom - s'auto désigne Président et appelle tous les volontaires du monde entier à le rejoindre pour donner vie à ce nouvel état.

3000 personnes répondent favorablement mais hélas, l'humour est la chose la moins partagée dans cette région du monde et les gardes frontières de Croatie comme de Serbie sont d'accord au moins sur une chose : empêcher la concrétisation de ce projet !

Pourtant l'idée était intéressante : pas de lois ni d'impôts ! Les citoyens payent ce qu'ils veulent s'ils le veulent. Le but est de créer un Etat minimal et libre.
Selon le site officiel, on apprend que ceux qui désirent être des citoyens de Liberland devront "avoir du respect pour les autres peuples et respecter les opinions des autres, indépendamment de leur race, de l'origine ethnique, de leur orientation sexuelle ou de leur religion. Ils auront le respect de la propriété privée, de ce qui est intouchable, et ne seront pas communistes, ou néo-nazis, ou revendiquant tout autre passé extrémiste, et n'auront pas été puni pour des infractions criminelles passées. 

Alors quel avenir pour ce petit pays dont personne ne voulait et dont la création fait l'unanimité contre lui ?
Les utopies ne sont décidément pas de ce monde et de ces temps...

La devise était sympa : "To live and let live" !
Tant pis !


mercredi 29 novembre 2017

Les fruits savoureux de Mango

L'amateur français de chanson italienne ne connait souvent de la variété transalpine que Toto Cutugno ou Umberto Tozzi. Parfois Adriano Celentano voire Eros Ramazzotti.

Dommage d'ignorer un artiste, musicien et compositeur comme Giuseppe Mango.

Plus connu sous son seul patronyme, il est né le 6 novembre 1954 à Lagonegro.

Bercé par la soul et le hard rock il ne s'interesse à la musique italienne qu'à l'issue de ses études à l'Université de Salerne, en emménageant à Rome.
C'est là qu'il publie son premier album en 1976.

Il participe plusieurs fois au Festival de San Remo et produit 16 albums studio jusqu'au 7 décembre 2014, où, en plein concert à Policoro, il est victime d'une crise cardiaque fatale.

Ses chansons ont été qualifiées par la critique comme ayant renouvelé la musique populaire italienne, alliant pop, folk et world music.

Plusieurs titres ont été repris par des artistes étrangers comme Hélène Segara ou Leo Sayer.

Son titre le plus célèbre, "Oro" (1984)


"Nella mia citta" (1990)


"Amore per te" (1999)


"La rondine" (2002)



"Lei verra" (1995)


lundi 27 novembre 2017

Stock Bar de Montréal : hommes pour hommes

Une des spécificités de la métropole québécoise qui attire des gays de tous les pays du monde, ce sont les spectacles de stip-tease masculin !

Dans "Le Village", haut lieu de la gaytude de Montréal, plusieurs établissement proposent des shows de garçons qui se dénudent intégralement pour un public essentiellement masculin.

Le plus célèbre - et le seul qui publie des vidéos sur le web - c'est le Stock Bar.

Situé au numéro 1171 de la rue Sainte Catherine Est, le Stock Bar accueille chaque soir son lot de gays amateurs de beaux mecs pas trop pudiques et surtout pas frileux.

Toutes les variétés de complexion, de taille, de cheveux sont représentées.
Seuls points communs, la musculature quasi parfaite et l'absence presque totale de pilosité.

Sur la scène, face aux clients assis devant leur Molson ou leur Labatt, les stripteasers se présentent à deux reprises : la première fois, ils se déshabillent jusqu'au sous-vêtement (slip ou boxer) et sont remplacés par un autre jeune homme qui lui en est à son second numéro.
Cette fois, c'est le nu intégral et souvent assorti d'une érection triomphante.
Petite danse érotico-acrobatique et place au suivant.

Le spectateur séduit peut s'offrir une session privée dans un salon discret.
Là, le danseur se trémousse pour lui seul, moyennant finance, mais attention : interdiction absolue de toucher !

Tous les mercredis, les dames sont admises et peuvent se rincer l'oeil aussi.

Lieu incontournable pour la communauté homosexuelle, pour les solitaires comme pour les couples ou les groupes d'amis, le Stock Bar - comme ses confrères et concurrents - permet de passer de bien agréables soirées.




samedi 25 novembre 2017

Philippe Caza, l'imaginaire fantastique


Philippe Caza (né Cazaumayou) a vu le jour à Paris le 14 novembre 1941.

Il est issu d'une lignée d'artistes : père caricaturiste sportif, mère professeur de dessin et elle même fille et petite-fille de peintres.

Apprenti affichiste dès 18 ans, Caza s'établit comme graphiste publicitaire indépendant. Il le sera pendant 10 ans avant de s'orienter vers la bande dessinée et l'illustration de science fiction.

Influencé par Jean-Claude Forest, il publie dans les années 70 Kriss Kool une bédé psychédélique :






A partir de 1974 il signe différentes illustrations de romans de SF pour la collection J'ai lu.

Les voies d'Anubis
Le robot qui rêvait

Ose

Les robots de l'aube

Collaborant aux magazines Métal Hurlant et Pilote, il réalise des histoires courtes fantastiques et oniriques : comme "Sanguine"







ou "Le cailloux rouge"






De 1989 à 2008, Caza se concentre sur une vaste saga, Le Monde d'Arkadi, dont il signe le scénario et les dessins des 9 volumes :






Philippe Caza collabore en 1987 avec René Laloux à la réalisation du dessin animé "Gandahar" d'après le roman de Jean-Pierre Andrevon



puis au scénario et à la conception des images de "Les Enfants de la Pluie" de Philippe Leclerc, adapté de Serge Brussolo en 2003


Cet artiste multiforme est aussi un illustrateur de génie comme en témoignent ces toiles :