mardi 30 mai 2017

BigFlo & Oli, rappeurs littéraires

Vous l'aurez peut être remarqué, je ne suis pas vraiment un fan de rap.
Ce style musical véhicule à mes yeux des valeurs qui me sont étrangères et des messages que je combats car incompatible avec la démocratie et le fameux "vivre ensemble".

Et pourtant !
Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'un duo qui m'a fait éprouver un choc culturel comme j'en ai peu rencontré ces dernières années.

BigFlo, c'est à l'état civil Florian José Ordonez. Il a vu le jour à Toulouse le 22 janvier 1993.
Oli, c'est son jeune frère, Olivio, lui aussi toulousain, depuis le 19 avril 1996.

Nés d'un père argentin et d'une mère algérienne, les deux frangins, une fois bacheliers (S pour l'aîné, ES pour le cadet) se lancent dans le rap, musique de leur génération.

Si BigFlo jour de la batterie et du piano depuis qu'il a 13 ans, Oli apprend la trompette. C'est lui l'architecte des musiques et tous les deux tiennent la plume quant aux textes.

Ils publient leur premier titre sur Youtube en 2005.
Le succès est limité mais participants à des battles de hip hop dans leur région, ils finissent par se faire remarquer par des groupes réputés.
Ils assurent les premières parties de caïds comme IAM, Sexion d'Assaut, ou La Rumeur ainsi que d'artistes solos comme Cali ou Orelsan.

C'est ce dernier qui pilote leur deuxième clip, "Pourquoi pas nous", en 2012.
Ils sont signés par Polydor l'année suivante et publient un EP en 2014.

Parmi les titres, cet énorme, "Monsieur Tout le Monde" :

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Et oui, c'est ça la marque de BigFlo et Oli : ils ne se contentent pas de chouiner la misère de la téci, de brosser le portrait d'un ghetto fantasmé ! Ils rappent en hauteur si je peux me permettre ! Ils parlent des autres aussi et avec une acuité et une intelligence rares.

Oh, bien sûr, dans leur premier album, "La Cour des Grands", ils racontent aussi leurs espoirs et leur quotidien de post ados comme dans le souriant
" Comme d'hab" :

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ou cette profession de foi, "Début d'Empire"

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BigFlo et Oli ne sont pas des "gangstas", ce sont des sociologues chantants comme avec ce pertinent
"Jeunesse Influençable"

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Mais la perle, le joyaux, le chef d'oeuvre de leur jeune répertoire, c'est "Je suis".
Suite de portraits des différentes catégories de français brossés en un quatrain chacun, construit comme un kaléïdoscope, littérairement très brillant, ce texte est un tableau social et politique peint avec les pinceaux de la poésie la plus travaillée.
La preuve :

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En conclusion, je ne dirai pas "Vive le rap!" mais à coup sûr "Vive BigFlo et Oli !" !
Et longue, très longue carrière !

dimanche 28 mai 2017

Paul Valéry, poète et philosophe


Paul Valéry, pour l'amoureux des belles lettres, c'est sans nul doute un poète et son oeuvre la plus célèbre, Le Cimetière Marin dont vous pouvez retrouver ici quelques strophes.

Je ne vais pas retracer sa vie, la page Wikipédia qui lui est consacré le fait très bien.

Après un coup d'oeil sur son oeuvre poétique,


Et les siècles par dix
Et les peuples passés,
C'est un profond jadis,
Jadis jamais assez !

Sous nos mêmes amours
Plus lourdes que le monde
Nous traversons les jours
Comme une pierre l'onde !

Nous marchons dans le temps
Et nos corps éclatants
Ont des pas ineffables
Qui marquent dans les fables...


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Si la plage planche, si
L’ombre sur l’œil s’use et pleure
Si l’azur est larme, ainsi
Au sel des dents pure affleure

La vierge fumée ou l’air
Que berce en soi puis expire
Vers l’eau debout d’une mer
Assoupie en son empire

Celle qui sans les ouïr
Si la lèvre au vent remue
Se joue à évanouir
Mille mots vains où se mue

Sous l’humide éclair de dents
Le très doux feu du dedans. 


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Ni vu ni connu
Je suis le parfum
Vivant et défunt
Dans le vent venu!

Ni vu ni connu
Hasard ou génie?
À peine venu
La tâche est finie!

Ni lu ni compris?
Aux meilleurs esprits
Que d’erreurs promises!

Ni vu ni connu,
Le temps d’un sein nu
Entre deux chemises

je voudrais vous faire constater l'acuité de sa pensée et sa modernité, pour ne pas dire son intemporalité.

La politique : Art de faire payer, se battre, se tourmenter les gens - pour des choses qu'ils ignorent, qui ne les intéressent pas, même qui les choquent ou les ennuient.

Toute politique se fonde sur l’indifférence de la plupart des intéressés, sans laquelle il n’y a point de politique possible.
La politique fut d’abord l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.
A une époque suivante, on y adjoignit l’art de contraindre les gens à décider sur ce qu’ils n’entendent pas.


Si l'Etat est fort, il nous écrase. S'il est faible nous périssons.

Il est remarquable que les individus devenus en masse plus libres, plus instruits, plus égaux en droits soient aussi devenus plus semblables, plus imitateurs, plus contraints aux-mêmes régimes de vie - plus interchangeables

Un chef est un homme qui a besoin des autres.

L'histoire est le produit le plus dangereux que la chimie de l'intellect ait élaboré. Ses propriétés sont bien connues: il fait rêver, il enivre les peuples, leur engendre de faux souvenirs, exagère leurs réflexes, les conduit au délire des grandeurs ou à celui de la persécution. L'histoire justifie ce que l'on veut. Elle n'enseigne rigoureusement rien car elle contient tout et donne des exemples de tout.

Le passé plus ou moins fantastique, ou plus ou moins organisé après coup, agit sur le futur avec une puissance comparable à celle du présent même. Les sentiments et les ambitions s’excitent de
souvenirs de lectures, de souvenirs de souvenirs, bien plus qu’ils ne résultent de perceptions et de données actuelles. Le caractère réel de l’histoire est de prendre part à l’histoire même. L’idée du passé ne prend un sens et ne constitue une valeur que pour l’homme qui se trouve en soi-même une passion de l’avenir. L’avenir, par définition, n’a point d’image. L’histoire lui donne les moyens d’être pensé.

Du jour où vous créez un diplôme, un contrôle bien défini, vous voyez aussitôt s'organiser en regard tout un dispositif non moins précis que votre programme, qui a pour but unique de conquérir ce diplôme par tous les moyens. Le but de l'enseignement n'étant plus la formation de l'esprit, mais l'acquisition du diplôme, c'est le minimum exigible qui devient l'objet des études. Il ne s'agit plus d'apprendre le latin, ou le grec, ou la géométrie. Il s'agit d'emprunter, et non plus d'acquérir, d'emprunter ce qu'il faut pour passer le baccalauréat.

La liberté d'opinions (de publier) ne peut être prise que sur les faits aux dépens des faits, et en conséquence, la non-démonstration, la falsification, omission, diminution ou exagération des faits - la confusion volontaire du vrai, du probable, etc. SONT la liberté d'énoncer les opinions.

Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion.

Il faut former en soi une question antérieure à toutes les autres, et qui leur demande à chacune ce qu’elle vaut.

"Savoir" ce n'est jamais qu'un degré, un degré pour être.

Il faut n'appeler Science que l'ensemble des recettes qui réussissent toujours. Tout le reste est littérature.

Ce qui est simple est faux, ce qui est compliqué est inutilisable.

Ce qui a été cru par tous, et toujours, et partout, a toutes les chances d'être faux.

Un homme compétent est un homme qui se trompe selon les règles.

L’homme moderne est l’esclave de la modernité : il n’est point de progrès qui ne tourne à sa plus complète servitude. Le confort nous enchaîne. La liberté de la presse et les moyens trop puissants dont elle dispose nous assassinent de clameurs imprimées, nous percent de nouvelles à sensations. La publicité, un des plus grands maux de ce temps, insulte nos regards, falsifie toutes les épithètes, gâte les paysages, corrompt toute qualité et toute critique, exploite l’arbre, le roc, le monument et confond sur les pages que vomissent les machines, l’assassin, la victime, le héros, le centenaire du jour et l’enfant martyr.
Il y a aussi la tyrannie des horaires.
Tout ceci nous vise au cerveau. Il faudra bientôt construire des cloîtres rigoureusement isolés, où ni les ondes, ni les feuilles n’entreront ; dans lesquels l’ignorance de toute politique sera préservée et cultivée. On y méprisera la vitesse, le nombre, les effets de masse, de surprise, de contraste, de répétitions, de nouveauté et de crédulité. C’est là qu’à certains jours on ira, à travers les grilles, considérer quelques spécimens d’hommes libres.

L'interruption, l'incohérence, la surprise sont des conditions ordinaires de notre vie. Elles sont même devenues de véritables besoins chez beaucoup d'individus dont l'esprit ne se nourrit plus, en quelque sorte, que de variations brusques et d'excitations toujours renouvelées. Les mots "sensationnel", "impressionnant", qu'on emploie couramment aujourd'hui, sont de ces mots qui peignent une époque. Nous ne supportons plus la durée. Nous ne savons plus féconder l'ennui.

La presse, la radio, le cinéma tendent à la ruine de la culture.
Et tous les moyens de dispersion à base d'intensité et de vanité.
Ils sont, d'ailleurs, dominés par des fins politiques et commerciales. Politique et commercialisation étant choses statistiques, et donc ennemies de la culture.

La liberté suppose que quelqu'un mis exactement à ma place ferait autre chose que moi. Mais qui définira cette place ?

Tout ce que tu dis parle de toi : singulièrement quand tu parles d'un autre.

Il n'existe pas d'être capable d'aimer un autre être tel qu'il est. On demande des modifications, car on n'aime jamais qu'un fantôme. Ce qui est réel ne peut être désiré, car il est réel.

La valeur vraie de l'amour est dans l'accroissement de vitalité générale qu'il peut donner à quelqu'un. Tout amour qui ne dégage pas cette énergie est mauvais.

An-archie est la tentative de chacun de refuser toute soumission à l'injonction qui se fonde sur l'invérifiable.
L'individu distingue l'individu dans le précepte ou la doctrine qu'on veut qu'il adopte et qui se revêt de termes dont nul individu n'est capable.
"Sois sûr de ce dont je t'assure et ne suis pas sûr, et ne puis l'être."
"Fais, obéis, pour le bien général qui est l'idée que j'en ai, moi."

La véritable tradition n'est pas de refaire ce que les autres ont fait mais de trouver l'esprit qui a fait ces grandes choses et qui en ferait de toutes autres en d'autres temps.

Si tous les hommes étaient également éclairés, également critiques, et surtout également courageux, toute société serait impossible !

Toute vue de choses qui n'est pas étrange est fausse. Si quelque chose est réelle, elle ne peut que perdre de sa réalité en devenant familière. Méditer en philosophie, c'est revenir du familier à l'étrange, et dans l'étrange affronter le réel.

L'homme est absurde par ce qu'il cherche, grand par ce qu'il trouve

Les maîtres son ceux qui nous montrent ce qui est possible dans l'ordre de l'impossible

Faux philosophes
Ceux qu’engendre l’enseignement de la philosophie, les programmes. Ils y apprennent les problèmes qu’ils n’eussent pas inventés et qu’ils ne ressentent pas. Et ils les apprennent tous !
Les vrais problèmes de vrais philosophes sont ceux qui tourmentent et gênent la vie. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne soient pas absurdes. Mais au moins naissent-ils en vie – et sont vrais comme des sensations.
Le premier mouvement des uns est de consulter les livres ;
Le premier mouvement des autres est de regarder les choses.


Pour un poète, il ne s'agit jamais de dire qu'il pleut.
Il s'agit... de créer la pluie.

vendredi 26 mai 2017

Maurice, poisson au chocolat

En 1995, l'industriel de l'agro-alimentaire Nestlé entame une campagne publicitaire pour sa mousse au chocolat Chocosui's.

Elle confie à l'agence Ogilvy et Mather de réaliser trois clips.
L'agence retient Lucas Mongénie, 5 ans, pour incarner le petit garçon qui portera le message.

Le premier spot remporta le Prix du Public au Festival Pub et Humour de Paris.

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mardi 23 mai 2017

Next To Normal


Presque normale.

Soit une famille moyenne des Etats Unis :

La mère Diana, qui souffre depuis 16 ans de troubles bipolaires et consulte un "psychopharmacologue" pour l'aider.
Le père, Dan, qui souffre avec sa femme et ne sait plus comment lui venir en aide.
Natalie, la fille, qui peine à trouver sa juste place et ne se sent pas aimée autant qu'elle en aurait besoin.
Et Gabe, ce fils presque adulte, mais décédé depuis 16 ans, qui hante sa mère et dont le souvenir se heurte au refus de son père et de sa soeur de parler de lui et de son absence.

De ces thèmes insolites de la maladie psychique, du deuil impossible d'un être cher, de la drogue, des pulsions suicidaires, de l'éthique médicale et des difficultés de la vie quotidienne dans une banlieue standard, Brian Yorkey (Omaha, 1968), a troussé un livret puissant, des dialogues forts et souvent spirituels et des lyrics percutants.

Il est servi par la musique de son compère Tom Kitt (New York, 1974) compositeur d'une partition rock, assortie de jolies balades, qui place l'histoire pathétique de cette famille à la dérive dans la modernité la plus crue.

Tom Kitt et Brian Yorkey
Le spectacle a été créé off-Broadway de novembre 2008 à janvier 2009.
En avril 2009, il débute sur Broadway.

Alice Ripley incarne Diana, J.Robert Spencer est Dan, Jennifer Damiano joue Natalie et le jeune Aaron Tveit devient Gabe.

Après 700 représentations, 3 Tony Awards en 2009 et un Prix Pulitzer en 2010, le show ferme ses portes en janvier 2011.

De nombreuses adaptations ont vu le jour à travers le monde, de l'Australie à la Scandinavie, de l'Asie à l'Amérique du Sud, de l'Europe à Israël.

Le début du spectacle : "Prologue" suivi de "Just another day"

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"You don't know" suivi de "I'm the one" : Diana a voulu célébrer l'anniversaire de Gabe; Natalie et Dan ont dû lui rappeler qu'il n'est plus là. Elle s'emporte et se referme dans sa névrose tandis que Dan tente de la raisonner :

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Diana, après une visite au psychiatre, redéroule le fil de sa vie : "I miss the mountains"

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Gabe ne veut pas disparaître de la vie des siens : "I'm alive"

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Décidée à accepter l'absence de son fils, Diana range ses affaires; mais une boîte à musique fait tout basculer..."I dreamed a dance" suivi de "There's a world"

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Une question récurrente sur ce musical, est "Qui est donc Gabe ? Un fantôme, un fantasme de l'esprit malade de Diana ?"
J'ai trouvé dernièrement une réponse dans un commentaire de vidéo Youtube ;
Gabriel (Gabe) est dans la tête de ses parents : il est le souvenir qu'ils ont de lui.
Toujours vivant pour sa mère, évacué par son père (culpabilité de ne pas l'avoir protégé?) et inconnu de sa soeur (trop jeune à sa mort), il cajole la première, méprise le second et en veut à la troisième.

samedi 20 mai 2017

Malcolm vs The Middle

Penchons nous sur deux séries télévisées qui nous racontent la vie quotidienne d'une famille américaine moyenne.

Tout commence avec Malcolm en novembre 1999 sur le réseau Fox.
Créé par Linwood Boomer, la série compte 151 épisodes de 21 minutes répartis sur 7 saisons.


Autour de Malcolm (Frankie Muniz), un garçon surdoué (son QI est de 165) âgé de 11 ans au début de l'histoire, nous assistons au quotidien de sa famille : Loïs (Jane Kaczmarek), la mère autoritaire et hystérique, Hal (Bryan Cranston) le père, employé de bureau immature et irresponsable et les frères de Malcolm, Francis (Christopher Masterson), Reese (Justin Berfield) et Dewey (Erik Per Sullivan). Un cinquième enfant, Jamie, les rejoint à partir de la saison 5.

Les membres de la fratrie ont le don de se mettre dans des situations impossibles, du burlesque au dangereux, provoquant la réaction toujours outrancière de leur mère et la panique pathologique du père.

Malcolm se termine en mai 2006 mais a commencé sa carrière en France en 2001 sur les chaînes du Groupe M6.

Un épisode pour comprendre : Saison 1, Episode 5

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En 2009, alors que Malcolm n'est plus diffusé, le réseau ABC valide le projet de Eileen Heisler et DeAnn Heline d'une série qui suivrait une famille moyenne basse d' Orson, petite ville fictive de l'Indiana.
Ainsi naquit The Middle.
La série se compose actuellement de 8 saisons soit 187 épisodes de 22 minutes.


Le personnage central est cette fois la mère, Frances "Frankie" Heck (Patricia Heaton), vendeuse de voitures peu douée et mère de famille dépassée malgré sa bonne volonté. Elle ne peut compter sur son mari Mike (Neil Flynn), gérant d'une carrière, taiseux et renfermé qui laisserait volontiers ses enfants vivre leur vie à leur guise.
Les enfants ce sont Axl (Charlie McDermott), l'ainé, adolescent de 16 ans paresseux et plus intéressé par les filles que par les études; Sue (Eden Sher), 14 ans, jeune fille optimiste et enthousiaste, désirant être populaire, mais irrémédiablement malchanceuse dans toutes ses entreprises; enfin Brick (Atticus Shaffer), 7 ans, intelligent mais atteint de palilalie, passionné de lecture et asocial.

Cette fois on est dans le quotidien pur jus : rien d'excentrique dans le fil des jours des personnages, mais des situations ordinaires qui échappent à leurs protagonistes et génèrent parfois des catastrophes ou à tout le moins, des embarras.

Saison 1 Episode 18 :

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Certains ont reproché à The Middle de n'être qu'une copie de Malcolm.
Certes les deux séries se penchent sur une famille moyenne des USA, mais là ou la plus ancienne joue sur l'excès et la caricature - le comportement des parents relève souvent de la psychiatrie -, la seconde est plus bienveillante et plus proche du quotidien "normal" si tant est que le vie des Heck puisse être qualifiée ainsi...

jeudi 18 mai 2017

Chaminou et le Khrompire


Voilà une bande dessinée qui ne nous rajeunit pas !
Pensez, son auteur Raymond Macherot l'a réalisé en 1964 !


Né le 30 mars 1924 à Verviers, Macherot participe activement aux combats de la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Déjà marqué, avant le conflit par les comics américains, il découvre en 1945 les cartoons de Tex Avery.

Embauché comme journaliste au Courrier du Soir de Verviers, il collabore, comme dessinateur à la revue satyrique PAN.

De sa rencontre avec Jacques Martin qui débute sa série Alix, il est convaincu de se lancer à son tour dans la BD au journal de Tintin.
Son patron, Raymond Leblanc, remarque sa capacité à croquer les animaux : c'est ainsi que naît en 1954 la première héroïne animalière de Raymond Macherot, Chlorophylle.

Quittant 10 ans plus tard Tintin pour Spirou, il y donne le jour à la souris Sibylline et au détective Chaminou.

Il prend sa retraite en 1990 après avoir fait les beaux jours de Spirou dans diverses collaborations.

Raymons Macherot s'est éteint dans sa ville de Verviers le 26 septembre 2008.

Revenons donc sur Chaminou.

Ce personnage ne connaîtra qu'une seule aventure sous le crayon de Macherot, mais celle-ci est considérée aujourd'hui comme un des chefs d'oeuvres du 9° art !
Son auteur était conscient de la difficulté de trouver un nouveau scénario pour son héros : même s'il n'en a jamais évacué l'idée, il ne la concrétisera jamais et ce sera - après l'échec d'un album signé Bodart et Yann en 1980, Olivier Saive, en "collaboration" avec Macherot qui réalisera 4 albums.

Nous sommes en Zoolande, royaume des animaux où les différentes espèces vivent en harmonie sous la houlette débonnaire du roi Léon. Pour préserver la paix, la consommation de viande est prohibée.
Jusqu'au jour où un redoutable truand, un léopard, s'évade de prison ! Le Gouverneur de la Province du Sud, le loup Crunchblott, le dénonce comme étant un Khrompire, un dévoreur de viande !
Le chat détective Chaminou, sa secrétaire la cigogne Zonzon et son ami Pépin la souris mènent l'enquête.
Ils ne sont pas au bout de leur surprises, car le Khrompire est-il bien celui que l'on croit ?



L'histoire démarre :






et se complique pour les héros...















lundi 15 mai 2017

David Bisbal, survivre à Operacion Triunfo

Operación Triunfo est depuis 2001 un télé-crochet de la TVE.
Depuis quelques années, elle sert à sélectionner le représentant espagnol au Concours Eurovision de la Chanson.

Mais la première édition a vu arriver en finale un artiste qui est devenu une star dans la péninsule et même au delà des mers.

David Bisbal, est né à Almeria le 5 juin 1979.

Après son ultime prestation télévisée, il produit un premier album, "Corazon latino" qui se vend à 1.7 million d'exemplaires en Espagne, mais aussi en Amérique latine et même aux Etats-Unis.

"Digale" (2002)

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Deux ans plus tard, "Buleria", son deuxième disque s'écoule à 1.3 millions de copies de par la monde. Et un duo avec l'autre super star ibérique, Alejandro Sanz.

"Desnudate, Mujer" (2004)


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Le troisième opus, "Premonicion", en 2006, atteint le million d'exemplaires et lui vaut une collaboration avec Rihanna sur le titre "Hate that I love you".

"Torre de Babel" (2006) - avec Wisin & Yandel

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"Sin mirar altras", en 2009, ne réalise que 500 000 ventes dans le monde, mais il se produit à nouveau aux USA et chante en duo avec Miley Cyrus.

"24 horas" (2009)


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Après avoir décroché son 3° Grammy de l'artiste hispanique de l'année, il produit en 2014, "Tu y yo" qui est disque de platine dans plusieurs pays du monde. Son audience gagne le Japon et les pays d'Europe orientale (Roumanie).

"Si pero no" (2014)

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Son dernier album en date, "Hijos del mar", est disque de platine en Espagne en 2 semaines.

"Hijos del mar" (2016)


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Une carrière qui devrait laisser rêveurs bien des candidats de nos Star Academy, Nouvelle Star et autres The Voice...

vendredi 12 mai 2017

Madame Marguerite


Voila une pièce de théâtre peu banale puisqu'elle s'apparente à un one-woman show.

Incarnée en 1974 par la grande Annie Girardot, dans une mise en scène de Jorge Lavelli,
Madame Marguerite est née de la plume du dramaturge brésilien Roberto Athayde.
Le texte a été adapté par le génial Jean-Loup Dabadie.

J'ai eu la chance d'assister à une représentation de cette pièce au Théâtre de Chelles, lors de la tournée de 1975 et d'y applaudir cette immense artiste.

Spectacle truculent et parfois dérangeant, on passe de l'émotion au rire sans temps mort.

Je vous propose d'abord un reportage télévisé qui parcourt la pièce entre deux interviews de l'actrice et du metteur en scène :

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Annie Girardot a été Madame Marguerite plus de 300 fois sur les planches et ce rôle est sans doute le plus emblématique de sa carrière.
Depuis, plusieurs reprises ont été montées mais aucune, à en juger par les extraits disponibles sur Youtube, n'a jamais atteint l'intensité émotionnelle et comique de la version originale.

Allez, un autre extrait :

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mercredi 10 mai 2017

Sport sans artifice : 1 - La Natation

Les activités sportives nécessitent parfois des équipements sophistiqués et coûteux.

Certains préfèrent s'y adonner en se dispensant des vêtements habituellement requis pour leur sport favori.

Par soucis d'économie ou par goût !

Commençons par considérer la natation.
Et en premier lieu, à la piscine !

Sur le bord :

Au départ d'une course :

En solitaire :

Sous l'eau :
 


En surface :

En duo :


En compétition :




En public :



dimanche 7 mai 2017

La musique des astres

L'espace intersidéral.
Les étoiles, les mondes lointains.

Comment les compositeurs contemporains ont ils évoqué les immensités infinies de l'univers ?

Selon leurs âges et leurs nationalités, les réponses sont subtilement différentes.

Voici 4 morceaux inspirés par l'espace pour vous faire un jugement :

Née le 11 mai 1954 à Cambridge, Judith Weir est Maître de musique de la Reine depuis 2014.
Elle nous propose "Airs From Another Planet", composé en 1986 :

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Per Nørgård, lui est né le 13 juillet 1932 à Gentofte au Danemark. Il est depuis Carl Nielssen, la grande figure de la musique "sérieuse" de son pays.
En 1958 il a écrit "Constellations" :

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Toru Takemitsu est un compositeur japonais, né et mort à Tokyo (8 octobre 1930 - 20 février 1996).
Voici sa composition intitulée "Orion" qui date de 1984 :

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Gustav Holst, né Gustavus von Holst, était britannique d'origine suédoise (1874-1934) et a réalisé une suite symphonique sur les planètes du système solaire.
Voici la partie sur "Mars, the bringer of war" :

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