mercredi 14 janvier 2009

Frank Wildhorn

Voilà un compositeur américain qui suscite des avis contradictoires voire opposés : stakhanoviste de la musique à l'inspiration limitée pour les uns, véritable génie méconnu pour les autres ! comme souvent, la vérité est dans un juste milieu...

Frank Wildhorn commence sa carrière en 1990 : il produit, avec le vétéran de la comédie musicale, Leslie Bricusse, un "Jeckyll and Hyde" qui rencontre le triomphe auprès du public. Sa compagne, Linda Eder, y trouve son premier grand rôle.

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En 1997, il récidive avec une adaptation du roman de Dickens, "The Scarlet Pimpernel" qui raconte les aventures d'un mystérieux personnage qui sauve les aristocrates français intègres des fureurs révolutionnaires.
Le succès est énorme et les adaptations font florès de par le monde. Cette pièce est toujours jouée aujourd'hui quelque part.

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En 1998, il est le premier compositeur à avoir trois oeuvres à l'affiche sur Broadway : "The Civil War" est venue se joindre au duo déjà célèbre.
Las, ce tableau de la Guerre de Sécession, peut être un peu trop sérieux et mélodramatique, ne trouve pas son public.
Personnellement, c'est pourtant cette production qui me fait penser que Frank Wildhorn est quelqu'un d'intègre et dédié à son art.
En effet, ce musical est tout sauf commercial et exprime de façon naïve, certes, mais indiscutablement sincère, le rejet de la lutte armée fratricide et l'amour de son pays mais d'un pays accueillant à la diversité des hommes.

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Après cet échec et l'arrêt de ses deux premiers succès, son "Cyrano de Bergerac" ne trouve même pas de producteur.
"Waiting for the Moon", sur Scott et Zelda Fitzgerald, ne dépasse pas le stade de la production locale au New Jersey. Tout comme son opus sur "Camille Claudel"...
"Dracula", en 2004, ne tiendra que moins de quatre mois sur Broadway !
C'est en Europe, à Zürich, qu'il monte une version remaniée : la reconnaissance est enfin au rendez-vous. Vienne et Münich suivent.

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Puis, son "Rudolf, the last kiss" sur la tragédie du fils de Sissi et sa mort à Mayerling, fait les beaux jours de la scène de Budapest avant d'être adapté pour Berlin.
Sa version de "Carmen" emporte l'adhésion du public de Prague et Saint Gall s'enthousiasme pour son "Count of Monte Cristo".
Même "Cyrano" ressort des cartons en vue d'une production à Madrid en 2009...

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Sa gloire s'affirme également au Japon où il a produit trois spectacles originaux, dont "Never say goodbye" sur la guerre civile espagnole et où "Scarlet Pimpernel" et "Jeckyll" sont repris régulièrement par la fameuse troupe féminine Takarazuka.

Comment cet artiste américain peut il rencontré plus de succès à l'étranger que dans son pays ?
C'est que ses oeuvres sont très européennes : dans le style de Claude-Michel Schönberg ou d'Andrew Lloyd Webber, sa musique est opératique et romantique. Elle n'est qu' occasionnellement parsemée de ces airs jazzy et dansant comme les aiment les spectateurs étatsuniens.
On lui a reproché aussi de toujours composer dans une facture identique : pour moi, ça s'appelle avoir un style !
Et si les échecs de "Cyrano (version 1)" et de "Dracula 2004" sont mérités car trop proches de shows précédents, Rudolf ou Carmen s'en démarquent avec bonheur tout en restant indubitablement wildhorniens.
La nouvelle mouture de Dracula laisse espérer le meilleur pour la nouvelle production remaniée de Cyrano...
Et on attend avec curiosité ses prochaines créations :"Bonnie and Clyde", "Wonderland" et "Havana".

Musicien romantique, adepte de la belle mélodie, généreusement orchestrée et qui réclame des interprètes dotés de solides qualités vocales, Frank Wildhorn est un compositeur de musicals méconnu et sous èstimé, peut être justement à cause de sa trop grande prolixité.

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