lundi 18 juin 2012

Les Mondes d'Aldébaran


Lui c'est Léo.
De son nom de baptême, Luiz Eduardo de Oliveira, né le 13 décembre 1944 à Rio de Janeiro.
C'est un dessinateur de bande dessinées.

Après avoir fui la dictature militaire dans son pays, il se réfugie au Chili en 1971. deux ans plus tard, il quitte le pays sous la menace des sbires de Pinochet et gagne l'Argentine dont il part en 1974 pour rentrer clandestinement au Brésil.

Il échoue finalement en France en 1981 où il livre des dessins publicitaires et quelques bandes publiées par les journaux "Pilote" et "L'Echo des Savanes". Repéré par Jean Claude Forest, il illustre des biographie d'hommes célèbres pour le magazine "Okapi".

C'est la rencontre avec Rodolphe que sa carrière prend son essor : il réalise les illustrations de ses scénarios.
Leur collaboration continue encore à ce jour dans les séries "Trent", "Kenya" et "Namibia".

En 1993, il réalise enfin son rêve : être auteur, dessinateur et coloriste de sa propre histoire.
Ainsi commence la série des " Mondes d'Aldébaran" qui sera suivie par "Bételgeuse" et "Antarès".
Léo possède un style classique, proche de la ligne claire belge mais est un spécialiste de la science fiction où il sait imaginer des créatures extra-terrestres crédibles.


vendredi 15 juin 2012

Ingrid Caven

Ingrid Caven est une actrice et une chanteuse allemande, née à Sarrebruck le 4 août 1938.
Et elle aurait bien pu ne jamais faire carrière.
Rendez-vous compte, en 1943, elle a interprété des chants de Noël devant Hitler et quelques officiers.
Un rapide calcul vous permettra de comprendre qu'elle n'était âgée que de 4 ans et qu'à la fin de la guerre, personne ne lui a tenu rigueur de cet "exploit".
Mariée au réalisateur Rainer-Werner Fassbinder, elle lui doit quelques rôles au cinéma mais c'est surtout en tant que chanteuse qu'elle est connue en France.
Elle interprète principalement des musiques signées de Peer Raben, grand nom de la chanson germanique.


Son compagnon actuel, Jean Jacques Schuhl, lui a écrit de nombreux textes de chansons et lui a consacré un roman qui reçoit le Prix Goncourt en 2000 :

Mais écoutons la diva qui sait donner de la voix dans trois langues :
de Rainer-Werner Fassbinder et Peer Raben : "Die grossen weissen Vögeln"


"Each man kills the things he loves", texte d'Oscar Wilde, musique de Peer Raben :


et en français, paroles de Jean-Jacques Schuhl, musique Peer Raben : "Trans Europe Tango"


Un extrait "live" pour finir, en 1983 dans une émission télévisée spéciale, "In zehn Sekunden ist alles vorbei"

mercredi 13 juin 2012

Craquantes mascottes

Depuis les Jeux olympiques de Munich en 1972, chacune des compétitions a été incarnée par une mascotte représentant soit un animal soit un être humain stylisé.
Je vous propose, à quelques semaines des Jeux de Londres, une petite évocation des petits bonshommes qui ont été choisis pour personnifier cette compétition de légende.

Albertville 1992

Atlanta 1996

Athènes 2004

Turin 2006
Londres 2012

dimanche 10 juin 2012

Adonis


Ali Ahmad Saïd Esber, dit Adonis, est né à Kassabine, en Syrie, le 1er janvier 1930.

Poète et essayiste, Adonis est depuis plus de 40 ans une figure de proue de la littérature arabe moderne. Professeur de littérature arabe à l’Université de Beyrouth, puis délégué permanent adjoint de la Ligue des états arabes auprès de l’Unesco, en 1989. Ses nombreux ouvrages publiés ont été traduits en plusieurs langues.
Adonis est également critique et traducteur.

De plus, il a réalisé des créations plastiques, calligraphies et collages inédits qui font partie intégrante de son œuvre. Il vit à Paris depuis 1986.

Régulièrement cité parmi les favoris du Prix Nobel, les jurés suédois s'obstinent à l'ignorer...
Il a 82 ans, il serait temps qu'ils apprennent à le lire !


Toucher la lumière
 
Par une nuit de pleine lune
essaye de fixer la galaxie

Tu verras qu’elle est cours d’eau
avec tes bras pour affluents
ta poitrine pour estuaire
 
Aujourd’hui le ciel a écrit son poème
à l’encre blanche
Il l’a appelé neige
Ton rêve rajeunit tandis que tu vieillis
Le rêve grandit en marchant
vers l’enfance

Le rêve est une jument
qui au loin nous emporte
sans jamais se déplacer


Le nuage est las de voyager
Il descend à la plus proche rivière
pour laver sa chemise


A peine a-t-il mis les pieds dans l’eau
que la chemise se dissout
et disparaît
 
Une rose sort de son lit
prend les mains du matin
pour se frotter les yeux






Le palmier parle avec son tronc

la rose avec son odeur
 
Le vent et l’espace vagabondent
main dans la main
 
Arc-en-ciel ?
Unité du ciel et de la terre
tressés en une seule corde
 
Il marche sur les versants de l’automne
appuyé au bras du printemps


Le ciel pleure lui aussi
mais il essuie ses larmes
avec le foulard de l’horizon
 
Quand vient la fatigue
le vent déroule le tapis de l’espace
afin de s’y allonger


Dans la forêt de mes jours
aucune place
sauf pour le vent
 
Pour toucher la lumière
tu dois t'appuyer sur ton ombre


 
Je sens parfois que le vent
est un enfant qui crie
porté sur mes épaules
Comment décrire à l’arbre
le goût de son fruit ?
A l’arc
le travail de la corde ?


 
Telle une main
la lumière se déplace
sur le corps des ténèbres
C’est l’épaule de l’espace
qui s’effondre là-bas
sous les nuages noirs
 
L’espace dans l’œil de la guillotine
est lui aussi tête à couper
 
Tu ne peux être lanterne
si tu ne portes la nuit
sur tes épaules



Je conclurai un pacte avec les nuages
pour libérer la pluie
Un autre avec le vent
pour qu’il nous libère
les nuages et moi
La parole est demeure dans l’exil
chemin dans la patrie



 
Qu’il est étrange ce pacte
entre les vagues et le rivage –
le rivage écrit le sable
les vagues effacent l’écriture

Mémoire – ton autre demeure
où tu ne peux pénétrer
qu’avec un corps devenu
souvenir





 Adonis, in Toucher la lumière, Ed. Fata Morgana, 1997. Ouvrage d’artiste en édition limitée à 30 exemplaires.Texte traduit de l’arabe par Anne Wade Minkowski.

jeudi 7 juin 2012

Martin Guerre

Me croirez vous si je vous dis que cet homme, Martin Guerre, héros du film que Daniel Vigne réalisa en 1982 avec Gérard Depardieu et Nathalie Baye ("Le Retour de Martin Guerre"), est un personnage historique.



Ce garçon, marié à quatorze ans à la jolie Bertrande de Rols, est né en 1524 et a vécu à Artigat, dans le Comté de Foix .
A 24 ans, accusé de vol de grains par son père, Martin, mal vu dans le village à cause de la stérilité de son couple que la rumeur impute au démon, quitte la région.
Restée seule, Bertrande refuse obstinément de refaire sa vie.
En 1556, un homme se prétendant Martin fait son apparition au village.
Si certains doutent de son identité, son épouse le reconnait formellement. En dépit de l'hostilité, parfois armée, de certains membres de la famille Guerre, le couple s'épanouit et donne naissance à des enfants.
Pierre Guerre, l'oncle de Martin, mène son  enquête et pense avoir démasquer l'imposteur : un aventurier du nom d'Arnaud du Thil. Plainte et déposée et un procès se tient en 1560 à Rieux. Reconnu coupable de vol de personnalité et d'imposture, du Thil est condamné. Il fait aussitôt appel.
Ce second procès se déroule sur fonds de querelle politique et religieuse (entre protestants et catholiques) et alors que le procureur s'apprête à démontrer que du Thil est bien Martin Guerre, ce dernier réapparait.
Confondu, Arnaud du Thil est pendu et Bertrande retrouve son mari légitime sans donner d'explication sur son attitude. Pas plus que Martin sur ses années d'absence.

Le duo de choc Claude-Michel Schoenberg et Alain Boublil ont eu l'idée d'adapter cette affaire judiciaire hors norme en spectacle musical.
Suite au succès de leurs "Misérables", c'est à Londres, produit par Cameron Mackintosh, que le musical "Martin Guerre" voit le jour en 1996 puis s'installe à Broadway.
L'accueil critique est mitigé et le show s'arrête après seulement trois ans à l'affiche.
Pourtant, il est régulièrement monté par les écoles de musique et les universités des Etats Unis.


Un second montage :


lundi 4 juin 2012

J.G.Ballard

Vous connaissez cet homme. Mais si.
James Graham Ballard est un écrivain britannique, né le 15 novembre 1930 à Shangaï où son père est un homme d'affaire de renom.
Vous le connaissez si vous êtes cinéphile par son autobiographie, "L'Empire du Soleil", adaptée par le génial Steven Spielberg en 1987.

Mais la gloire de J.G.Ballard, ce sont ses romans, inclassables, étranges et poétiques.
On les range dans le tiroir de la science fiction car ils se déroulent dans un avenir proche, mais assez lointain pour être différent de notre quotidien.

Deux "séries", qui peuvent être lus séparément, sont réputées "cultes" :

Les quatre éléments
Dans un futur proche, des explosions solaires ont provoqué une canicule permanente et une catastrophique élévation du niveau des océans. L'Angleterre est devenue une mosaïque de marécages, de bancs de vase et de lagunes que baigne un climat tropical.
C'est dans un Londres dont il ne reste que le sommet des plus hautes tours que le biologiste Robert Kerans va rencontrer la riche Béatrice Dahl et tenter de survivre à la fin du monde. À moins que son but soit tout autre…

En quelques heures, le super-ouragan s'abattit sur le monde.
Sous le vent du désastre, qui soufflait à des centaines de kilomètres à l'heure, les villes ne furent bientôt plus que des amas de débris et les survivants de l'humanité tentèrent alors de se réfugier dans les tunnels, sous les montagnes, dans les égouts.
Et là, une fois encore, ils recommencèrent la lutte pour la survie…

Cela fait des mois qu’il n’a pas plu sur Mount Royal, pas plus que sur le reste du monde. Les nuages ont déserté le ciel et l’exode vers les côtes a commencé.
Ransom hésite encore à quitter sa péniche qui va bientôt s’échouer sur le lac presque asséché. Les tensions qui règnent entre les rares personnes encore présentes laissent présager le pire mais que trouvera-t-il au bord de la mer ?
Reste-t-il encore un peu d’espoir pour l’humanité ?

"Le jour, des oiseaux fantastiques volent à travers la forêt pétrifiée et des crocodiles gemmés étincellent, telles des salamandres héraldiques, sur les rives de fleuves cristallins. La nuit, l'homme illuminé court parmi les arbres, ses bras tournant comme des roues d'or..."
Le Dr Sanders quitte sa léproserie pour Mont-Royal, au Cameroun. Là, autour de la forêt de cristal, d'étranges destins se jouent dans un monde d'ombre et de lumière : Ventress et Thorensen, engagés dans une poursuite mortelle, jusqu'au coeur de cavernes de verre. Pourquoi ? Pour qui ? Sanders, qui oscille entre deux femmes, Louise et Suzanne, entre deux mondes, celui du cristal et le nôtre.

Drames humains et dérisoires, car déjà la cristallisation menace de s'étendre sur la Terre comme une lèpre de lumière…
La modernité déshumanisée

Vaughan est mort hier dans son dernier accident. Le temps que dura notre amitié, il avait répété sa mort en de multiples collisions, mais celle-là fut la vraie. Lancée vers la limousine d'Elizabeth Taylor, sa voiture a franchi le garde-corps du toboggan et a plongé à travers le toit d'un car plein de voyageurs. Les corps broyés des touristes étaient toujours plaqués sur les sièges de vinyle quand je me suis frayé un chemin parmi les policiers.
Nous rêvons tous à l'apocalypse de demain, guerre nucléaire ou naufrage écologique. L'accident de voiture est l'apocalypse d'aujourd'hui, la rencontre du désir et du réel, l'union de la technologie et du cauchemar sur le cadavre de la vie affective. Vaughan était un solitaire acharné à jouir des noces rouges de la chair et du métal. La catastrophe est-elle désormais le point suprême de toute vie érotique ?

Il atteignit le remblai et agita un bras en criant en direction des voitures. Mais aucun conducteur ne pouvait le voir, ni moins encore entendre ses petits appels de coq famélique. Il s'en rendit compte et préféra se taire pour ménager ses forces.
Alors, il essaya de grimper, monta d'un mètre et retomba en tas de chiffons dans la boue. Cette fois, délibérément, il tourna le dos à l'autoroute, et pour la première fois se mit à inspecter l'île. «Mon pauvre vieux, c'est le vrai naufrage. Robinson Crusoé. Si tu ne fais pas attention tu restes échoué là-dedans jusqu'à la fin de tes jours».
Il ne disait que trop vrai. Ce terrain vague oublié à la jonction de trois voies express était littéralement une île déserte.

I.G.H. décrit la rapide dégradation de la vie dans un immeuble de mille appartements répartis sur quarante étages. La population apparemment homogène de ces logements coûteux ne va pas tarder à se scinder en clans.
A mesure que les querelles entre voisins dégénèrent en guerres tribales, Ballard, d'un appartement à l'autre, décrit l'éventail de possibilités que l'existence dans ces cellules capitonnées d'un genre inédit offre à ses hôtes aliénés. La lutte des classes, ici, est réglée par la topographie et ce récit, qui commence dans le pétillement du champagne, s'achèvera dans le sang.
Mais le plus surprenant et le plus atypique du genre, c'est sans conteste le recueil de nouvelles "Vermillon sands" :
Vermilion Sands, a écrit J. G. Ballard, c'est la banlieue exotique de mon esprit. Désert, mer de sable, lacs fossiles, récifs de quartz. Paysage abstrait semblable à ceux peints par Dali ou Max Ernst.
Vermilion Sands est une bizarre station balnéaire auprès d'un océan de sable. Avec son mal des plages, sa mélancolie d'arrière-saison. Avec ses milliardaires excentriques, ses artistes désoeuvrés, ses belles et riches héritières désaxées, trompant leur ennui dans de morbides passe-temps.
Vermilion Sands, où l'on écoute la musique des fleurs et le chant des sculptures, où les poètes se servent de machines à poésie, où l'on sculpte les nuages en avion, où l'on habite des maisons façonnées par l'inconscient de leurs habitants, où l'on porte des vêtements vivants…
L'aiguillon de la curiosité ne remplira jamais mieux son rôle que s'il vous incite à découvrir cet écrivain hors normes, au carrefour de la poésie et de l'imaginaire, du concret contemporain dans ce qu'il a de plus cruel et de la rêverie utopique qui dégénère en cauchemar...

vendredi 1 juin 2012

Concours Eurovision (42) : San Marino à la peine...

2008 : San Marino


"Complice" par Miodio
Paroles de Nicola della Valle, musique de Francesco Sancisi

5 points et une dernière place de la première demi-finale qui comptait 19 candidats.
Ultime humiliation deux jours plus tard, le dernier de la seconde demi-finale engrange 6 points et fait de la chanson sanmarinaise la dernière sur 38 !

Vous conviendrez en l'écoutant sans a priori que c'est une méchante injustice pour ce morceau tout à fait honorable et qui méritait amplement une qualification pour la finale !
Mais la géopolitique a fait son oeuvre et des jurés "populaires" sans doute sourds en ont décidé autrement...